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Documentaire

Le cas Léon K.

Jeune Polonais d'origine juive, Léon Kacenelenbogen – dit Léon K. – à 21 ans quand il est arrêté en zone libre par la police française, lors de la rafle du 26 août 1942, et interné au camp de Douadic (Indre), avant d'être déplacé le lendemain à celui de Nexon (Haute-Vienne). Désespéré, il écrit coup sur coup deux longues lettres au maréchal Pétain, clamant son désir de vivre : des suppliques, tout à la fois solennelles et ironiques, rédigées dans un français parfait, qui témoignent de sa vivacité comme de sa rage d'être arrêté pour n'avoir commis d'autre crime que d'être "un représentant de la race damnée et condamnée". Le jeune homme est finalement expédié au camp de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales – l'antichambre de Drancy. Mais il parvient à s'échapper, sans doute peu après son arrivée, et atteint l'Espagne. Il réapparaît en janvier 1944 sur les clichés du Nyassa, le seul navire autorisé, avant même la fin de la guerre, à quitter l'Europe pour la Palestine avec à son bord quelques centaines de réfugiés. Comment Léon K. a-t-il réussi à s'enfuir, et qu'est-il devenu ? Filature d'une ombre Léon est mort en 2017 à Anvers, à l'âge de 96 ans. De son évasion et de sa vie d'avant, il n'a jamais rien raconté. "C'était quelqu'un de très secret", témoignent Renée et Sabine, respectivement ses nièces et belle-sœur, qui ignoraient jusque-là l'existence de ses lettres.